Paul Mirabel : “Je suis plus à l’aise sur scène que dans la vie”

L’une des révélations, à n’en pas douter, du stand-up hexagonal, a un nom : Paul Mirabel. Doté d’une vraie force humoristique que renforce une attitude assez placide sur scène et un ton assez égal, il ne passe pas inaperçu. Cela tombe bien, l’originalité, on aime, et on l’invite même à notre micro !

Est-ce que tu t’es définitivement affranchi de ta timidité ? Est-ce que tu arrives à passer du nous inclusif au moi ? 

C’est un peu l’inverse. Je parle beaucoup de moi, ayant beaucoup de blagues d’auto-dérision, mais j’aimerais passer au nous inclusif. Il y a la contrainte de la mécanique, de dire “ok la vie, c’est comme ça” et “moi, je fais plutôt comme ça”, ce qui est marrant mais ne donne pas de la matière pour un spectacle ou une oeuvre entière sur ça. 

Tu dis “plus jeune, j’étais très timide, limite invisible. J’étais un peu décalé de par ma grande taille. On me disait marrant, mais il y avait toujours un garçon qui avait plus d’assurance que moi pour répéter mes blagues. Tout le monde rigolait alors que c’était moi l’auteur”… 

Je suis plus à l’aise sur scène que dans la vie. Je me rends compte de ça. J’ai le souvenir de celui qui faisait des blagues pour faire rire mes deux-trois camarades, et il y avait toujours un gars qui avait plus d’assurance qui faisait la même chose que moi. Mais ça m’a conforté dans l’idée que je pouvais être marrant… malgré moi souvent. Faire rire mes camarades était ma plus-value.   

Je suis passé de la volonté à l’obligation

Paul Mirabel

Tu as enfin décidé d’être ce mec qui dit haut les blagues sur scène…

A un moment, il a fallu effectivement l’assumer, et passer de “j’ai envie de faire ça” à “je vais faire ça”. Cela a mis du temps, je t’avoue. il a fallu qu’il y ait des étapes de vie avant où il a fallu que je me dise “t’as vraiment envie de le faire donc fais-le”. Je pense que c’est ce cap que les gens ont souvent du mal à passer, peu importe le domaine d’activité. Pour ma part, on m’a inscrit à un concours, je n’avais plus le choix que de passer, je suis passé de la volonté à l’obligation. 

Tu as ensuite fait pas mal de premières parties… de Roman Frayssinet à Fary… 

Oui, et Rachid Baddouri notamment, Marina Rollmann. Je ne réalise toujours pas, même en prenant du recul. 

Dans quelle mesure tu es en processus de maturation et de construction scénique… et peut-être aussi humaine ? 

J’essaie de moins en moins de m’attacher à mes blagues. J’écris assez souvent en ce moment, un truc que je ne faisais pas avant, parce que j’étais encore dans le truc assez fainéant où on se dit qu’on peut s’en sortir en travaillant vite fait. Je me rends compte désormais qu’il y a une structure qui me produit, que c’est mon métier et que je fais ça à temps plein. C’est mon premier vrai travail, tu apprends et tu découvres constamment auprès de gens plus âgés, qui sont là depuis longtemps. Je suis obligé de me mettre au niveau. 

Il ne faut pas sauter des étapes

Paul Mirabel

Est-ce que le stand-up est un milieu où tu dois en imposer pour émerger ? 

Il faut parler fort, mais pas au sens littéral du terme. Il faut réussir à se faire sa place, avoir un passage humoristique qui parle pour toi, qui délivre quelque chose. En avril dernier, j’ai joué dans deux soirées de sélection et j’ai joué dans un Zenith de 5000 personnes. De tous les humoristes présents, j’étais sans doute le moins stressé, alors que je le suis dans la vie. Mais j’ai fait tellement d’endroits horribles, que le stress et la peur je les ai eu avant. Il ne faut pas sauter des étapes. 

Qu’est-ce que le théâtre t’a appris dans ta manière de jouer sur scène ? 

J’ai fait le Cours florent quatre ans après mes études de commerce. Je remercie beaucoup les professeurs que j’ai eu, parce que je n’aurais sans doute jamais progressé aussi rapidement sans eux. Je pense que ça m’a aidé à casser la barrière du public. Durant mes six premiers mois de stand-up, être marrant n’était pas l’objectif. C’était apprendre un texte, le réciter devant des gens et ne pas mourir de peur sur scène. Quand je joue, je suis dans une bulle. Maintenant, c’est comme si j’étais dans mon salon. 

C’est quoi BLONDE COMEDY ?

Blonde c’est un média, une agence évènementielle, un studio de production.

Ici, vous pouvez :