Dedo : “Le but, c’est de faire quelque chose qui te ressemble”

Il a fait partie de la première génération de stand-uppers français, faisant partie de la troupe du Jamel Comedy Club. Cela ne le rajeunit pas. Néanmoins, il gardera éternellement la même fraîcheur, la même jeunesse. Dedo était l’invité de ce 8ème épisode de LOL Me Tender.

Dedo c’es un vrai plaisir de te recevoir, d’autant que tu viens juste après ton grand ami Yacine Belhousse. La connexion s’est faite d’elle-même à vrai dire… 

En toute franchise je ne connaissais pas le podcast, Yacine m’avait dit qu’il avait passé chez vous un excellent moment, ce à quoi j’ai répondu que moi je voulais en passer un. C’est un peu notre vie de parler à des gens. Rencontrer d’autres personnes pour discuter de sujets dont on est pas encore au courant, ça fait du bien. 

Est-ce que ton apparence conditionne l’image artistique que tu renvoies aux gens, qu’est-ce que ça dit de l’époque pour toi ? 

C’est une question intéressante. Au delà de l’artistique, il y a ce que tu es dans la vie. tu es tributaire de ton physique. Quoi qu’il arrive, ce que tu es à travers ton look potentiel ou à travers ton attitude, renvoie une certaine image auprès des gens. Quand tu as un look plus marqué, l’inconscient collectif fait que, forcément, tu peux avoir des idées préconçues sur certaines choses. Moi, barbu avec des cheveux longs, ça renvoie à une certaine image qui a pu être, à un moment, mal démocratisé dans les médias. Le fait d’être différent fait qu’on te regarde différemment. 

J’aime le fait de parler de tout sans être bloqué dans un contexte particulier.

Dedo

Tu es à la fois fan des Monthy Pythons et en même temps de Chris Rock… est-ce que tu ne le vis pas comme un tiraillement ?

 J’ai pleinement accepté ce paradoxe, parce que je trouve que ce n’est pas un paradoxe. On peut tout à fait aimer les carottes ainsi que la viande rouge. Ce sont des composantes qui peuvent faire partie de toi et qui peuvent, quelque part, constituer ton terreau artistique. Je parle d’absurde, je parle de moi, je fais de l’humour noir… J’aime cette densité, cette pluralité, le fait de parler de tout sans être bloqué dans un contexte particulier. Maintenant, et on s’en est rendu compte avec Yacine parce qu’on se voit beaucoup, l’absurde n’est pas ancré dans les mentalités françaises. Mais le but n’est pas de plaire au plus grand monde, mais de faire quelque chose qui te ressemble. 

Le but est de transmettre une pensée, une histoire, une réflexion.

Dedo

Finalement le métier dans lequel le langage compte le plus c’est le stand-up…

C’est ce qui te permet de transmettre des idées, qui sont toujours ponctuées par des choses marrantes. Je pense qu’on est beaucoup à vouloir véritablement transmettre des idées, même si l’idée est parfois absurde. Dans mon troisième spectacle, je me demande comment c’est possible qu’il y ait autant de miel industriel et si peu d’apiculteurs dans les salles. C’est une idée absurde, mais j’ai envie d’en parler parce que ça me fait marrer. Une idée, si elle est ponctuée de choses marrantes, tu vas avoir plus de facilités à toucher les gens. Le but est de transmettre une pensée, une histoire, une réflexion. 

Tu as commencé par faire de la radio avec Yacine Belhousse et Shirley Souagnon. Que retiens-tu de cette époque ? 

La radio était une expérience fantastique, ça devenait pour moi un autre exercice. Le Comedy Club Live, le nom de l’émission, regroupait un artiste musical, l’interview d’un invité, puis 40 minutes sur l’heure de matériel marrant. Cette émission était folle, on pouvait se permettre d’aller très loin. On avait aucune barrière artistique, on nous laissait les coudées franches pour faire tout ce qu’on voulait. On faisait avec Yacine les interviews impossibles, où l’un et l’autre alternait, prenant la place de l’interviewé et de l’intervieweur. 

Tu es, selon ton portait Libe qui est beaucoup trop court, “trash mais mignon”. On sent que tu as parfois envie de te mettre en colère mais que ta gentillesse, ou ta compassion, t’en empêchent…

Ce sentiment est peut-être légitime à travers ton prisme. Les moments de colère que j’ai sur scène sont sincères, après ils pourraient être plus nombreux sur certaines choses. Ce que j’aime dans le stand-up, ce sont les contrastes et les changements de rythme. Cela prend aussi en compte les changements d’humeur. Sam Kinison, un très grand nom du stand-up américain, basait sa façon d’être sur la colère. Mais ça devient linéaire dans l’humeur. Tu vois une heure de quelqu’un qui est en colère. Ce que j’aime, c’est me mettre en colère 5 minutes, puis 5 minutes de sincérité, après 5 minutes d’absurdes, etc… j’aime les variations, comme dans ma vie. Je trouve agréable de ne pas avoir de routine. 

C’est quoi BLONDE COMEDY ?

Blonde c’est un média, une agence évènementielle, un studio de production.

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